Robert DenoŽl, éditeur

21 heures 25

Dans sa déposition du 3 décembre 1945, Jeanne Loviton déclare : « Je me trouvais à l’intérieur de ce local depuis cinq minutes environ, lorsque j’ai entendu les agents de police parler d’envoyer un car de police secours à l’angle de la rue de Grenelle et du boulevard des Invalides, où venait de se produire un attentat. J’ai immédiatement fait un rapprochement entre les circonstances dans lesquelles j’avais laissé M. Denoël à l’endroit que je viens d’indiquer, et cette nouvelle. »

Dans celle du 9 octobre 1946, elle déclare : « Au poste de police je déclinai mon nom et présentai mon certificat médical. Un des agents téléphona à une première station, où il n’y avait pas de taxis. Il commenta cette carence en me disant qu’il serait bien extraordinaire que je puisse obtenir un taxi à cette heure-là. Il appela un second poste, où il eut la même réponse, enfin le troisième poste ‘Panthéon’ répondit et je m’assis en attendant l’arrivée du taxi.

J’échangeais quelques mots avec les agents quand on appela Police Secours. J’entendis quelqu’un dire " un attentat au coin du boulevard des Invalides et de la rue de Grenelle ". Je sursautai et les agents remarquèrent mon trouble. A ce moment-là, j’ai dû dire " Oh j’ai quitté un ami à cet endroit-là ". »

Dans une lettre du 24 mars 1950 au juge Gollety, Armand Rozelaar écrit : « Lorsque la sirène de Police-Secours a retenti, Mme Loviton vous déclare : " Immédiatement, j’ai compris et je me suis dit que Robert Denoël était en train de se battre avec quelqu’un ".

" Immédiatement, j’ai compris " me paraît en effet résumer la vérité. Mme Loviton prétend qu’elle aurait dit, dans le commissariat, qu’elle venait de quitter un ami à cet endroit. Les gardiens de la paix, Pognant et Santerre, n’ont rien enregistré de semblable. Quant au gardien de la paix Lefèvre, il déclare : " La dame, que j’ai su être par la suite Mme Loviton, a entendu la réflexion faite par le téléphoniste ayant reçu l’appel. Elle a eu une exclamation : ‘Ah...’ J’ai attribué cette exclamation à un étonnement plutôt inquiet ".»