Robert DenoŽl, éditeur

Fonds d'éditeurs

 

Au cours des années trente, alors que de petits éditeurs avaient des difficultés de trésorerie ou déposaient leur bilan, il était tentant de racheter des ouvrages en nombre et à prix réduit, afin d'étoffer son propre catalogue.

Denoël et Steele l'ont fait ponctuellement dès 1931 puis, plus largement en 1934 en récupérant chez l'imprimeur Bellenand les invendus des Editions des Cahiers Libres qui se trouvaient en état de faillite virtuelle.

Après le départ de Bernard Steele fin 1936, Denoël, qui manque désormais de liquidités, pratique une politique « annexionniste » : c'est ainsi qu'il devient dépositaire de plusieurs dizaines de titres des Editions La Connaissance.

Je les ai fait figurer en fin de classement car, outre qu'il n'ont jamais appartenu aux Editions Denoël, ces ouvrages ont disparu du catalogue de l'éditeur après le départ rue Amélie de René-Louis Doyon.

Lorsqu'il publie, en janvier 1939, sa brochure-bilan, Denoël écrit que son catalogue comprend « cinq cents titres divers. Parmi ceux-ci, une centaine environ ont été achetés à d'autres firmes ».

J'en ai répertorié 127, jusqu'à présent.

 

Au Sans Pareil

1 titre

Cette maison d’édition prestigieuse créée le 2 mai 1919 par René Hilsum [1895-1990] a publié, entre avril 1919 et avril 1936 quelque 170 volumes dont un grand nombre dus à des auteurs dadas et surréalistes.

A partir de 1934 la société d'édition est en difficultés financières : en juin, René Hilsum tente de négocier le rachat de son fonds avec un confrère parisien puis, en septembre, vend sa collection « Le Génie de la France » à Gallimard. En 1936 il cesse ses activités d’éditeur et est nommé directeur des Editions du Parti Communiste.

En mai 1929 le Sans Pareil avait fait paraître un essai remarqué d’André Rolland de Renéville : Rimbaud le voyant. Le livre eut un grand retentissement, malgré quoi il restait, en septembre 1933, 1 140 exemplaires chez l’éditeur.

     

Denoël a lui-même publié en octobre 1933 un essai de Benjamin Fondane, Rimbaud le voyou, qu’il présente comme une réplique à celui de Rolland de Renéville :

C’est pourquoi sans doute il éprouve le besoin d’en racheter les invendus. Le 15 mai 1936 il remet en vente l’ouvrage sous une couverture au nom des Editions Denoël et Steele. Dans son catalogue d’automne 1937 le livre est proposé au prix inchangé de 12 F avec ce commentaire :

Rolland de Reneville (André). Rimbaud le voyant. 1929 [n° 810]

 

Editions Bossard

2 titres

Les Editions Bossard ont été créées en juillet 1916 et ont déposé leur bilan en décembre 1934. Denoël connaissait fort bien cette maison d’édition qui, au cours des années vingt, lui faisait le service de ses superbes publications dont il rendait compte dans Liège-Universitaire.

 

Exemplaire avec une couverture de relais,  et sa page de titre inchangée

C’est dans son catalogue de 1935 qu’apparaissent deux ouvrages de René Guénon [1886-1951] publiés en 1925 et 1927 chez Bossard : L’Homme et son devenir selon le Vêdânta, et La Crise du monde moderne. J’ignore quand il a acquis ces volumes dont les stocks devaient être restreints : Denoël propose le premier à 27 F alors que son prix catalogue chez Bossard était de 18 F.

 

 

 

Guénon (René). La Crise du monde moderne. 1927 [n° 815]

Guénon (René). L’Homme et son devenir selon le Vedanta. 1925 [n° 816]

 

Editions des Cahiers Libres

65 titres

Les Editions des Cahiers Libres ont publié quelque 150 ouvrages entre 1925 et 1934. Créée en mai 1924 par René Laporte (il avait 19 ans), cette maison d’édition avait pignon sur rue à Toulouse, 18 rue Lafayette puis, à partir de mars 1925, à Paris, 57 avenue Malakoff.

Le catalogue des Cahiers Libres est composé d’ouvrages à tirage limité dus le plus souvent à des auteurs surréalistes mais aussi à des écrivains plus traditionnels comme Georges Duhamel, Jean Giraudoux, ou Paul Morand.

A la suite d’importants problèmes financiers René Laporte cède, en octobre 1934, près d'un tiers de son fonds aux Editions Denoël et Steele : en tout, quelque soixante-cinq titres.

Pour certains d’entre eux le stock n'était que de quelques dizaines d’exemplaires ; pour d’autres : plusieurs centaines. Les ouvrages ont été achetés « chez l’imprimeur Bellenand auquel l'éditeur devait de l’argent, et vendus dans leur état originel », écrivait Auguste Picq.

Certains volumes furent remis en vente dans leur état de parution, d’autres firent l’objet d’une « recouvrure » ; le plus souvent Denoël faisait coller un « papillon » imprimé sur la couverture ou sur le titre.

Robert Denoël incorpora la plupart des titres ci-dessous à ses catalogues de 1935 et 1937, en maintenant leur prix de vente originel. Quelques uns apparurent encore dans son catalogue de 1941 - les auteurs juifs ne pouvaient y figurer - avec un prix inchangé.

Certains - une douzaine - ne figurèrent que dans un catalogue d’ouvrages soldés en juin 1947 par les Editions Denoël appartenant à Jeanne Loviton.

     

René Laporte a publié chez Denoël deux romans : La Part du feu en 1935, Les Chasses de novembre en 1936, qui obtint le prix Interallié. Début 1939 Denoël annonçait encore un « roman exotique » de Laporte qui ne parut point : en mars 1940 l’auteur-éditeur se réfugia à Antibes où il demeura durant toute l’occupation, et où il se consacra aux Editions du Sagittaire de Léon Pierre-Quint, installées à Marseille. René Laporte est mort accidentellement le 1er mars 1954.

 

Alexandre (Maxime). Mythologie personnelle. 1933 [n° 725]

Arnim (Achim d’). Contes bizarres. 1933 [n° 783]

Aubray (Thérèse). Battements. 1933 [n° 854]

Bauguion (Louis). Cœur au zénith. 1934 [n° 858]

Belvianes (Marcel). Non !... Dieu est allemand ! 1933 [n° 855]

Benjamin (René). Antoine enchaîné. 1928 [n° 788]

Benjamin (René). Paroles du Maréchal Joffre. 1929 [n° 941]

Bernanos (Georges). Noël à la Maison de France. 1930 [n° 942]

Bernard (Sylvain). Le Contingentement. 1934 [n° 859]

Bertrand (Jean). Valencianos. 1932 [n° 943]

Boylesve (René). Le Confort moderne. 1926 [n° 792]

Breton (André). Le Revolver à cheveux blancs. 1932 [n° 773]

Breton (André). Les Vases communicants. 1932 [n° 793]

Brimont (Renée de). Belle Rose. 1931 [n° 857]

Carré (Jean-Marie). Les deux Rimbaud. 1928 [n° 794]

Châteaubriant (Alphonse de). Locronan. 1932 [n° 944]

Chauveau (Paul). Caractères. 1933 [n° 795]

Courthion (Pierre). Couleurs. 1926 [n° 945]

Dali (Salvadore). Babaouo. 1932 [n° 789]

Daniel-Rops. Sur le théâtre de Lenormand. 1926 [n° 790]

Deharme (Lise). Cahier de curieuse personne. 1933 [n° 946]

Delteil (Joseph). Discours aux oiseaux. 1926 [n° 796]

Dostoievski. Journal de Raskolnikoff. 1927 [n° 786]

Duhamel (Georges). Entretien sur l’esprit européen. 1928 [n° 797]

Duhamel (Georges). Pages de mon carnet. 1931 [n° 947]

Eluard (Paul). La Vie immédiate. 1932 [n° 774]

Farrère (Claude). Turquie ressuscitée. 1930 [n° 949]

Fayard (Jean). Dialogues sur l'argent. 1932 [n° 948]

Gilbert-Lecomte (Roger). La Vie, l’amour, la mort, le vide et le vent. 1933 [n° 775]

Giono (Jean). Solitude de la pitié. 1930 [n° 950]

Giraudoux (Jean). Fontranges au Niagara. 1932 [n° 798]

Giron (Roger) et Robert de Saint-Jean. La Jeunesse littéraire devant la politique. 1928 [n° 951]

Gobineau (Comte de). Ce qui se passe en Asie. 1928 [n° 799]

Green (Julien). Un Puritain homme de lettres : Nathaniel Hawthorne. 1928 [n° 800]

Hugnet (Georges). La Belle en dormant. 1933 [n° 776]

Jacob (Max). Rivage. 1931 [n° 777]

Jolas (Eugène). Mots-Déluge. 1933 [n° 861]

Keats (John). Correspondance. 1928 [n° 952]

Kessel (Joseph). Nouveaux contes. 1928 [n° 953]

Lacretelle (Jacques de). Le Rêveur parisien. 1930 [n° 954]

Laporte (René). Le Somnambule. 1932 [n° 778]

Marsan (Jules). Bohème romantique. 1929 [n° 801]

Marsan (Jules). Stendhal. 1932 [n° 802]

Martin du Gard (Maurice). Belgique 1930. Journal de voyage. 1931 [n° 955]

Massis (Henri). Raymond Radiguet. 1927 [n° 804]

Maurois (André). Introduction à la méthode de Paul Valéry. 1933 [n° 803]

Morand (Paul). L’Art de mourir. 1933 [n° 805]

Morand (Paul). Comme le vent. 1928 [n° 806]

Morand (Paul). Mes débuts. 1933 [n° 807]

Oller y Rabasa (Joan). On tuait dans les rues. 1934 [n° 935]

Pierre-Quint (Léon). Comment travaillait Proust. 1928 [n° 808]

Puget (Claude-André). La Chute du printemps. 1934 [n° 779]

Rilke (Rainer-Maria). Rumeur des âges. 1928 [n° 809]

Rimbaud (Arthur). Correspondance inédite. 1929 [n° 780]

Rosey (Gui). La Guerre de 34 ans. 1932 [n°  825]

[Rothschild, Philippe de]. Paris-Paris. Instantanés d'Amérique. 1931 [n° 956]

Shaw (Bernard). Bréviaire du révolutionnaire. 1927 [n° 811]

Souday (Paul). Dialogues critiques. 1929 [n° 812]

Soupault (Philippe). Carte postale. 1926 [n° 957]

Soupault (Philippe). Lautréamont. 1927 [n° 813]

Le Surréalisme au service de la Révolution : voir Revues

Tharaud (Jérôme et Jean). Le Gentil Douanier et un artiste maudit. 1929 [n° 791]

Tzara (Tristan). L’Antitête. 1933 [n° 781]

Tzara (Tristan). Où boivent les loups. 1932 [n° 958]

Valéry (Paul). Remarques extérieures. 1929 [n° 814]

Voronca (Ilarie). Patmos. 1934 [n° 782]

 

Editions Corrêa

1 titre

Maison d'édition créée en novembre 1929 par Robert Corrêa, dirigée en 1934 par Edmond Buchet et Jean Chastel. En mai 1936 Denoël et Steele publient un roman de Diche-Marrou : Bernard et quelques femmes. Cette dame-écrivain a fait paraître en 1934, sans doute à compte d'auteur, un premier roman chez Corrêa : Joug.

 

Denoël rachète le tirage, habille le volume d'une couverture à son nom et le remet en vente dans son catalogue d'automne 1937, avec celui qu'il vient de publier. Joug ne figure plus au catalogue 1941 de l'éditeur mais réapparaît dans celui de juin 1947, parmi d'autres volumes soldés.

Marrou (Diche) ou Diche-Marrou. Joug. 1934  [n° 785]

 

Ronald Davis

1 titre

Le libraire Ronald Davis est surtout connu pour les éditions bibliophiliques qu'il publie depuis 1920. Installé au n° 71 de la rue de Rennes, il y a domicilié sa Société générale d'imprimerie et d'édition, qui distribue la revue Commerce. En 1929 il a publié, sans doute aux frais de l'auteur, un roman d'Edmonde Bernard : Agnès, Bouboule et quelques autres.

  

Deux ans plus tard Denoël et Steele éditent son second livre : Rien que nous deux. Entretemps ils ont racheté à Ronald Davis [qui mourra accidentellement le 26 août 1931], le tirage d'Agnès pour le remettre en vente, après recouvrure, en même temps que son nouveau roman, en avril 1931. Ces deux titres ne figurent plus au catalogue de l'éditeur après 1941.

Bernard (Edmonde). Agnès, Bouboule et quelques autres. 1929 [n° 180]

 

Editions Doin

1 titre

Le catalogue 1941 de l'éditeur propose, dans sa « Bibliothèque Psychanalytique », trois ouvrages du docteur Sacha Nacht dont : La Structure inconsciente de quelques psychoses. C'est un tiré à part de la revue L'Encéphale, journal de neurologie et de psychiatrie distribué par Doin.

   

Ce texte de 24 pages est paru en décembre 1932 mais n'a figuré dans aucun catalogue de Denoël avant guerre. A son procès en juillet 1945, Denoël rappellera qu'il a vendu les ouvrages interdits de Freud et de Nacht. Le nom de Sacha Nacht [1901-1977] n'apparaît formellement sur les listes d'interdiction qu'en mai 1943, parmi les auteurs juifs.

Nacht (Dr Sacha). La Structure inconsciente de quelques psychoses. 1932

 

Editions Éos

1 titre

Cette maison créée en décembre 1925 par Edward Heilbuth était aussi une librairie de livres de luxe, située au 56 de la rue de la Pompe, dans le XVIe arrondissement. Elle disparut en mars 1934, à la mort de son fondateur.

Parmi les livres de luxe illustrés qu'elle a publiés figure Chansons de bord d'Armand Hayet. Ce capitaine au long cours d'origine bordelaise [1883-1968] en avait publié une première édition chez Éos en 1927, illustrée de 14 dessins d'André Lhote et tirée à 2 000 exemplaires.

L'année même de sa mort Heilbuth en fit paraître une seconde édition, sans autre illustration que celle de la couverture. Amené rue Amélie par son amie Champigny, Armand Hayet confia à Denoël l'impression d'un deuxième recueil : Dictons et tirades des anciens de la voile, qui parut en novembre 1934.

   

L'éditeur acquit alors les invendus de l'édition Éos et les remit en vente en décembre 1934 avec le nouveau recueil, après avoir collé un papillon imprimé au nom de sa firme sur le feuillet de titre. Trois ans plus tard Denoël procéda à un nouveau tirage de 2 000 exemplaires à l'occasion de la sortie d'un nouveau livre : Chansons des îles.

Armand Hayet est un auteur discret mais dont tous les livres connurent le succès aux Editions Denoël, qui ont publié son dernier recueil en 1953 : Us et coutumes à bord des long-courriers. Sans oublier un recueil plus hardi publié sous pseudonyme en 1935 : Chansons de la voile « sans voiles » [voir Enseignes diverses].

Hayet (Armand). Chansons de bord. 1934  [n° 739]

 

Editions du « Jardin de la France »

1 titre

Les Editions du « Jardin de la France », domiciliées 3 avenue du Maréchal-Maunoury à Blois, ont publié, en juillet 1930, un recueil de 23 poèmes de Maurice Mardelle : Le Compagnon de la Cathédrale. Apparemment le tirage de cette brochure de 30 pages a été racheté par Denoël et Steele en 1935, lorsqu'ils ont publié le premier roman de l'auteur : Pierruche au soleil, ce qui explique qu'elle n'apparaît dans leurs catalogues qu'à partir de 1937.

     

 

Mardelle (Maurice). Le Compagnon de la Cathédrale. 1930  [n° 12]

 

Editions Surréalistes

1 titre

Le recueil de poèmes Persécuté Persécuteur fut publié le 25 octobre 1931 par les Editions Surréalistes, une maison d'édition créée en mars 1926 au 16 de la rue Jacques Callot, en même temps que la Galerie Surréaliste, dans les anciens locaux de la revue Clartés. Il fut distribué dès la fin 1931 par le libraire José Corti mais n'apparut dans les librairies qu'au printemps 1932. Le 30 octobre 1933 Louis Aragon, qui a rompu avec Gaston Gallimard durant l'été 1930, accorde aux Editions Denoël et Steele « un droit de préférence pour l'édition de ses œuvres à venir (romans, essais, poèmes) ».

 

C'est probablement à cette époque qu'il cède le fonds de Persécuté persécuteur à ses nouveaux éditeurs qui, après l'avoir reconditionné (une étiquette sur la couverture ou le feuillet de titre) le remettent en vente à leur adresse. Il figure dans le catalogue Denoël et Steele de juillet 1935 (sous le titre inversé : « Persécuteur persécuté »), et dans celui d'automne 1937 avec des prix de vente inchangés.

Aragon (Louis). Persécuté Persécuteur. 1931  [n° 772]

 

Editions de la Tortue

1 titre

 

Le catalogue des Editions Denoël de 1941 propose un ouvrage qui n'avait jamais figuré dans les précédents : Déclin de la Tour d’Ivoire, deux volumes de poèmes lyriques dus à Rita Strohl [Lorient, 8 juin 1865 - La Gaude, 27 mars 1941] publiés en 1926 et 1927 par les Editions de la Tortue à Carros, près de Nice.

  

                                                                    Rita Strohl [1865-1941]

En novembre 1931 Denoël et Steele ont publié un essai de Carlos Larronde consacré à la musicienne bretonne : L’Art cosmique et l’œuvre musical de Rita Strohl. Cet ouvrage inaugurait la collection « La Tortue ». Les éditeurs y ont alors incorporé celui de Strohl, qui figure aussi au catalogue des soldes de juin 1947.

Strohl (Rita). Déclin de la Tour d’Ivoire. 1926-1927

 

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Lydia Burnet (compte d'auteur)

1 titre

 

Le catalogue de livres soldés en juin 1947 dont il est question plus haut propose un autre ouvrage n'ayant jamais figuré dans les catalogues de l'éditeur : Etienne Burnet, un humaniste français de ce temps. Imprimé à Tunis chez Bascone et Muscat en décembre 1939, et tiré à 500 exemplaires hors commerce, ce volume de 356 pages est vendu 60 F chez Denoël. Il existe néanmoins une édition datée 1939, sans justification de tirage, et portant le nom des Editions Denoël mais il doit s'agir d'une simple recouvrure.

 

  

 

Le livre est dû à Lydia Burnet dont Denoël et Steele ont publié en novembre 1931 La Croix de Magellan, relation d'un voyage aux Iles Philippines. Sur la couverture, le nom de l'auteur était suivi de : (Anna Swansea).

Anna Swansea, d'origine russe, était l'épouse du docteur Etienne Burnet [1873-1960], directeur de l'Institut Pasteur de Tunis de 1936 à 1949. Je suppose que c'est à l'auteur que Denoël a racheté cet ouvrage, qui figure au catalogue de soldes de juin 1947 sous le titre « Vie d'Etienne Burnet ».

Burnet (Lydia). Etienne Burnet, un humaniste français de ce temps, 1939.

 

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Jules Reboul (compte d'auteur)

1 titre

 

Cet auteur ardéchois, rédacteur à la mairie de Privas, avait, en 1934, fait imprimer à ses frais un roman qui fut primé pour le prix Populiste 1935. Le volume porte l'adresse : Privas, chez l'auteur, 38 Cour du Temple. Dans une interview accordée le 25 mai 1935 à François de Roux pour L'Intransigeant, il déclarait : « Le livre vient d'être repris par les éditeurs Denoël et Steele. » Je n'ai pas encore rencontré d'exemplaire de ce volume tiré à petit nombre, portant le nom de la firme de la rue Amélie, et il n'a figuré dans aucun de ses catalogues.

Reboul (Jules). La Vie de Jacques Baudet 1870-1930. Roman d'une petite existence, 1934

 

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Editions de La Connaissance

51 titres

 

René-Louis Doyon [1885-1966] fut employé chez Eugène Figuière en 1913, avant d’ouvrir en 1917 une librairie, « La Connaissance », galerie de la Madeleine, qu’il transforme ensuite en maison d’édition. Son premier livre paraît en février 1919.

Ses livres, bien imprimés et souvent illustrés, sont accompagnés de notes critiques de l’éditeur qui est homme de grande culture. Sa maison décline à partir de 1933. Son édition magistrale du Port-Royal de Sainte-Beuve, dont le dernier volume paraît en avril 1932, l'a ruiné.

Son nom apparaît pour la première fois en juillet 1935 dans une lettre de Robert Denoël à Champigny, alors que l'éditeur s’apprête à aller faire une conférence à Vichy : Doyon paraît y avoir prononcé une allocution, lui aussi. Le 29 janvier 1937 il écrit à la même : « Je rencontre parfois Doyon et nous parlons de vous sur un ton amical ».

Durant l’automne 1937, alors qu’il se trouve en difficultés à la suite du départ de Bernard Steele, Denoël écrit à Champigny : « Comme toujours, après avoir touché le fond des pires difficultés, je reprends pied et je pense arriver à un certain équilibre pour la fin de cette année. Mais que d’émotions ! R.L.D. [Doyon] est un collaborateur actif, gentil, d’une intelligence, érudition, etc... que vous connaissez. Il s’est bien installé et cela marche. »

A la même époque, Denoël publie son nouveau catalogue. Il y a fait figurer 51 titres des Editions « La Connaissance » : ces ouvrages, classés par collections, sont proposés à la suite de ceux des Editions Denoël. Ils constituent donc une catégorie à part : Denoël n’a pas absorbé « La Connaissance » (il n’en a plus les moyens), il en distribue les volumes.

 

 

                           René-Louis Doyon en 1922

 

Selon Eric Dussert, Doyon aurait été engagé en 1937 par Denoël comme « secrétaire général », avant d’être licencié l’année suivante « pour des raisons inconnues ». Dans ses Livrets du mandarin d’octobre 1963, Doyon qualifiait curieusement son travail rue Amélie : « Environ 1938, conseiller aulique chez Denoël (titre aussi vain que ce que je fis là). » Auguste Picq m’avait écrit : « Il s’agit d’un fonds très restreint racheté à l’éditeur qui était en déconfiture et fut employé ensuite comme lecteur aux Editions Denoël ».

Même si Denoël les inclut, dans sa brochure-bilan de janvier 1939, parmi « la centaine de titres achetés à d’autres firmes », aucun volume de « La Connaissance » ne figurera à son catalogue de 1941, ni dans celui de juin 1947 proposant des titres soldés par les Editions Denoël.

Les titres de « La Connaissance » sont classés par noms d’auteurs et non, comme dans le catalogue Denoël de l’automne 1937, par collections, mais le titre de ces collections est restitué entre crochets.

 


Adès et Josipovici. Le Livre de Goha-le-Simple. 1926 [« Les Chefs-d’Œuvre »]
Balzac (Honoré de). L'Apostrophe. 1922 [« Collection d'Art »]
Barbey d’Aurevilly (Jules). Le Dessous des cartes d'une partie de whist. 1927 [« Les Diaboliques »]
Beaubourg (Maurice). La Houdan. 1925 [« Les Bijoux Typographiques »]
Borel (Pétrus). Le Trésor de la caverne d'Arcueil. 1927 [« Le Rayon du Mandarin »]  [n° 874 ]
Chasles (Robert). Histoire de Monsieur Dupuis et de Mademoiselle de Londé. 1927 [« Le Rayon du Mandarin »]
Dermenghem (Emile). Joseph de Maistre mystique. 1923 [« Les Documents Esotériques »]  [n° 922 ]
Desportes (Philippe). LX Psaumes de David. 1926 [« Collection d'Art »]
Doyon (René-Louis). L'Enfant prodiguée. 1929 [hors collection]  [n° 899 ]
Doyon (René-Louis). Géronte aux assises. 1932 [hors collection]  [n° 900 ]
[Doyon, René-Louis]. L'Horizon débridé. 1920 [hors collection] [n° 902 ]
Doyon (René-Louis). Ombres dans « La Cathédrale ». 1935 [hors collection]
Eberhardt (Isabelle). Mes journaliers. 1923 [« Les Textes »]  [n° 867 ]
Eekhoud (Georges). Mes communions. 1925 [« Les Chefs-d’Œuvre »]  [n° 893 ]
Furetière (Antoine). Historiette de l'amour esgaré. 1927 [« Le Rayon du Mandarin »]
Gamon (Christophe de). Excerpta. 1927 [« Le Rayon du Mandarin »]
Gautier (Théophile). Emaux et camées. 1927 [« La Tulipe »]
Gourmont (Remy de). Les Chevaux de Diomède. 1921 [« Les Chefs-d’Œuvre »]
Gourmont (Remy de). Sixtine. 1922 [« Les Chefs-d’Œuvre »]
Hroswita. Abraham. 1921 [hors collection]
Hutten (Ulrich von). Epitres des hommes obscurs. 1924 [« Les Textes »]  [n° 871 ]
Huysmans (J.K.) En route. 1921 [« Collection d'Art »]
Jouhandeau (Marcel). Mademoiselle Zéline. 1924 [« Les Bijoux Typographiques »]
Laforgue (Jules). Exil. 1921 [« Les Textes »]
Lenormand (H.-R.) Images. 1925 [« Les Bijoux Typographiques »]
Le Petit (Claude). La Chronique scandaleuse ou Paris ridicule. 1927 [« Le Rayon du Mandarin »]  [n° 872 ]
Maindron (Maurice). Les Cahiers du Comte Bonhomme. 1927 [« Les Bijoux Typographiques »] [n° 915 ]
Maindron (Maurice). Monsieur de Clérambon. 1923 [« Les Chefs-d’Œuvre »]
Maistre (Xavier de). Le Lépreux de la Cité d'Aoste. 1927 [« La Tulipe »]
Mérimée (Prosper). Lettres aux Grasset. 1929 [« Les Textes »]  [n° 869 ]
Montaigne (Michel de). De l'amitié.- La Boétie (Etienne de). Vingt et neuf sonnets. 1926 [« Collection d'Art »]
Nerval (Gérard de). La Bohème galante. 1921 [« Les Chefs-d’Œuvre »]  [n° 879 ]
Nodier (Charles). Franciscus Columna. 1927 [« Le Rayon du Mandarin »]  [n° 875 ]
Péladan (Joséphin). Histoire et légende de Marion de Lorme. 1927 [« Les Textes »] [n° 868 ]
Perez de Ayala (R.) A. M. D. G. Scènes de la vie dans un collège de Jésuites. 1928 [« Les Chefs-d’Œuvre »] [n° 895 ]
Pillet (Roger). Les Oraisons amoureuses de Jeanne-Aurélie Grivolin, Lyonnaise. 1931 [hors collection]
Pillet (Roger). Les Oraisons amoureuses de Jeanne-Aurélie Grivolin.- Un pauvre amour. 1922 [hors collection]
Querlon (Pierre de). La Maison de la petite Livia. 1924 [« Collection d'Art »] [n° 905 ]
Renan (Ernest). Essai psychologique sur Jésus-Christ. 1921 [« Les Textes »] [n° 866 ]
Renan (Ernest). Souvenirs d'enfance et de jeunesse. 1922 [« Collection d'Art »]
Rossetti (D.-G.) La Damoiselle élue. 1924 [« Les Bijoux Typographiques »]
Sainte-Beuve. Port-Royal, 10 volumes. 1926-1932 [hors collection]
Tailhade (Laurent). Le Miracle de Saint-Gwénolé. 1924 [« Les Bijoux Typographiques »]
[Thomas a Kempis]. Du merveilleux effect de l'amour divin. 1928 [« Les Bijoux Typographiques »]
Tillier (Claude). Mon oncle Benjamin. 1927 [hors collection]
Vadé (J.J.) La Pipe cassée. 1926 [« Le Rayon du Mandarin »]
Vial (Eugène). Marceline Desbordes-Valmore et ses amis lyonnais. 1923 [« Les Textes »]
Wells (H.-G.) La Perle de l'amour. 1926 [« Les Bijoux Typographiques »]
Willermoz (J.-B.) Les Sommeils. 1926 [« Les Documents Esotériques »]
Yepes (Juan de) [Saint Jean de la Croix]. Canciones. 1920 [« Les Documents Esotériques »] [n° 923 ]

 

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