Robert DenoŽl, éditeur

2020

 

Le 22 janvier : mise en vente à l'Hôtel Drouot d'un exemplaire de luxe [un des 50 pur fil signés par l'auteur] du Gala des vaches relié en maroquin janséniste par Mme Alix. Estimation : 400 à 500 euros. Adjudication : 650 euros, frais inclus.

Le 20 février : mise en vente à l'Hôtel Drouot d'un lot de 9 lettres de Céline à Me Thorwald Mikkelsen, 3 au 27 novembre 1946, 24 pp. in-4 écrites au crayon. En partie inédites mais bien connues, elles étaient estimées 3 000 à 4 000 euros. Elle en ont réalisé 4 218, frais inclus.

Une lettre inédite à Jeanne Le Gallou, dont la fin s'adresse à Henri Mahé, 7 juin 1947, 7 pp. in-folio, estimée 1 000 à 1 500 euros, n'a pas trouvé acquéreur.

Un curieux manuscrit autographe de Céline intitulé « La Vigne au vin », 4 pp. in-4 foliotées 1 à 4, et datées de 1937, a trouvé preneur à 1 318 euros, frais inclus. Il avait été rédigé en vue de l'Exposition internationale de Paris 1937 et offert à Gen Paul. Son estimation était de 1 200 à 1 500 euros.

Le 3 mars : mise en vente à la salle des ventes, rue Favart, de plusieurs éditions originales de Céline. Un exemplaire de L'Eglise, un des 40 pur fil hors commerce relié demi-maroquin portant un envoi à Jacques Deval, estimé 3 000 à 4 000 euros, n'a pas trouvé preneur.

Le 30 mars :                            

Mon amie américaine Louise Staman est morte, des suites du coronavirus. Pendant vingt ans elle avait lutté victorieusement contre le cancer. A soixante-dix-huit ans, ce covid-19 l’a emportée en deux jours. Sa biographie romancée de Robert Denoël fut le point de départ de mon site, qui lui est dédié, et d’une amitié qui ne s’est jamais démentie en quinze ans. Au cours de ces dernières années elle avait entrepris la biographie cachée de Bernard Steele, mais les archives de la CIA restent bien gardées. Elle eut plus de satisfaction avec Tiger Iron Press, la maison d’édition qu’elle avait créée en 2006 avec son mari à Savannah, en Géorgie, et où elle publia une dizaine d’ouvrages [http://tigerironpress.com/].

Le 3 mai : mise en vente à Saint-Cloud d'une lettre de Céline à Albert Paraz, 19 juillet 1957, 2 pp. in-4 (la fin manque, dit l'expert). Elle n'est pas dans la correspondance. Estimation : 300 - 400 euros. Prix atteint non mentionné.

Le 26 mai, vente à Neuilly de plusieurs lettres et manuscrits de Louis-Ferdinand Céline.

Le n° 125 est une lettre à Eugène Dabit, 27 juin 1933, 2 pp. in-4. Elle figure dans la correspondance, p. 382, n° 33-66. Estimation : 600 à 800 euros. Prix atteint : 856 euros, frais inclus.

Le n° 126 est une lettre à John H.P. Marks, 11 novembre 1933, 2 pp. in-8, enveloppe conservée : « de grâce hâtez-vous mon vieux. Voici les Hollandais qui se mettent à traduire aussi ! » Elle paraît inédite. Prix atteint : 659 euros, frais inclus.

Le n° 127 est un ensemble de 5 lettres à Henri Philippon, 11 pages in-folio, 1947-1948. En partie inédites, mais on en trouve des extraits dans la correspondance.  Estimation : 2 500 à 3 000 euros. Adjugé 2 372 euros, frais inclus.

Le n° 128 est une lettre à Jean-Gabriel Daragnès, 4 février 1950, 2 pp. in-folio. Estimée 4 à 500 euros. Prix de l'adjudication : 395 euros, frais inclus.

Le n° 129 est une lettre inédite à son avocat, Louis Tixier-Vignancour, datée du 2 mai 1951, 6 pages in-fol. : elle ne figure pas dans la correspondance. Estimation : 1 000 à 1 5000 euros. Prix atteint : 1 079 euros, frais inclus.

Le 16 juin : L'Humanité consacre un numéro spécial à Elsa Triolet à l'occasion du 50e anniversaire de sa mort.



Le 17 juin : mise en vente de cinq lettres et de deux cartes de Paul Valéry à Jeanne Loviton datant de mai-juin 1938. L'ensemble fut dispersé le 2 octobre 1982 à Monte-Carlo par Ader - Picard - Tajan, assistés par les experts parisiens Claude Guérin et Michel Castaing, qui avaient détaillé ces « mille et une » lettres en 113 lots d'inégal intérêt. Cette vente, qui fut longtemps commentée, réalisa 1 470 000 francs, soit quelque 540 000 euros, et ce n'est pas l'Université Kelo à Tokyo qui en fit l'acquisition, mais Aristophil, qui ressurgit aujourd'hu (c'est-à-dire Pierre Bergé) : Arcurial, au 7 Rond-Point des Champs-Elysées, est à la manoeuvre et estime ce lot 600 à 800 euros. A l'origine l'ensemble comportait 113 lots, dont 12 poèmes et 31 fragments de lettres.


                  


Dans cette vente figurent des lettres de Louis-Ferdinand Céline, dont la correspondance avec Cillie Pam [49 lettres dans un volume relié], vendue précédemment le 8 novembre 2005.

Les acheteurs céliniens n'étaient pas au rendez-vous : six lettres sur huit n'ont pas trouvé preneur, pas plus que le manuscrit de Colette Turpin [7 pp.], un manuscrit inédit estimé 1500/2000 € d'une partie des souvenirs de la fille de Céline.

Y figure aussi un dessin de Louis-Ferdinand Céline signé « Louis » qui représente un trois-mâts avec l'inscription « Bremen ». La notice de l'expert est bien faite : ce dessin à l'encre bleue provient de la collection Henri Mahé, il est réalisé au dos d'un faire- part plié en deux, celui de Mme Henri Nirouet ( 24 février 1950).

CELINE. Bâteau trois-mats. Dessin original, encre bleue. Vers 1950.   

Il es vrai qu'à cette époque Céline, en exil au Danemark, agrémentait parfois ses papiers de bâteaux, toujours des trois-mâts. A-t-il bien réalisé celui-ci ? Sans pouvoir l'expliquer, on a un doute. La provenance est bonne, le dessin est bien celui d'un amateur, mais, je ne sais pourquoi, j'ai un doute. Nous verrons si l'acheteur sera, lui, convaincu de son authenticité : son estimation est de 500 à 700 euros. Avouons que Paul Valéry, lui, savait dessiner... (voir ci-dessus). Le document était curieux mais il n'a pas trouvé acheteur.

Toujours dans cette vente, un exemplaire de la thèse de médecine du docteur Louis Destouches, estimé 2500 à 3500 euros. Personnellement j'avais épinglé le n° 92 qui propose un exemplaire relié en maroquin violine du Moine d'Artaud superbement dédicacé à Mme Bernard Steele et estimé 10 à 15 0000 euros. Attendons quelques jours... Nous aurons par la même occasion l'enchère finale de L'Art et la mort dédicacé à Jean Paulhan [n° 677], ou celle d'une lettre autographe d'Artaud [8 juillet 1943] adressée à Serge Moreux, « aux bons soins de Mr Robert Denoël » [n° 98].

Sans doute aussi celle du même Artaud destinée aux chancelier Hitler [n° 89], écrite vraisemblablement en septembre 1939 et jamais reçue par son auguste destinataire, qui avait fort à faire en France... Peut-être aussi celle d'une lettre véhémente adressée le 15 juillet 1939 à André Gide : « Ecrivain plagiaire de salaud sans idées que tu es, tu as toujours esbrouffé tout le monde avec ton style, mais c'est Arthur Rimbaud qui t'appris à écrire et qui a écrit d'ailleurs les Cahiers Walter que tu as signés de ton nom de con. Car tu n'as jamais été qu'un vieux con incisif à force de méchanceté et de bave rentrée [...] Et avec ce secret que tu fais semblant depuis 50 ans que tu pues l'urine nauséabonde et le rance de tes dents cariées par trop de 69 avec des hommes... [...] Tu es vide, Gide, va-t-en. »

L'expert croit que cette lettre incroyable, retenue par le docteur Fouks à Ville Evrard, n'avait pas été envoyée : mais elle avait parfaitement été réceptionnée ! Le résultat final n'est pas encore connu... J'aime bien aussi celle du 4 mai 1939 à René Allendy portant une brûlure de cigarette réalisée par Artaud sur l'un de ses dessins [n° 70], et qui débute ainsi : « Débine-toi affreux, et qu'on ne te voie plus par ici. Va te cacher au bout de la terre, et crie dans la terre comme le Roi Midas, car si tu étais mis à l'abri des lois humaines, tu n'est pas à l'abri de la jusrtice de Dieu. Puisque tu es un Initié, tu sauras lire ce petit signé (la brûlure de cigarette, j'imagine), vieux, vichnouite, affreux conservateur. [...] Et que cette lettre t'atteigne ou non, et au cas où un Initié du genre chrétien aurait pour toi la charité de ne pas te montrer ma lettre, elle t'atteindra occultement , elle t'attendra occultement. Au plaisir de ne jamais te revoir et de ne plus jamais avoir de tes nouvelles. »

Quelle belle époque ! Le 4 janvier 1939 Artaud n'avait pas décoléré envers Allendy : « Vous êtes un lâche et un pourceau empoisonneur. Vous m'avez fait faire quand j'étais en cellule à l'asile à Rouen et vous me l'avez fait faire de force une piqûre d'un poison indien mexicain avec lequel vous avez assassiné Paul Deharme (la mari de Lise), Henri Gautier, Jean Hugo et votre femme... Ce poison a ceci de particulier qu'il arrête la vie, mais qu'il n'arrête pas la vision interne dans le corps du soi-disant trépassé... C'est ce qu'on appelle je crois en médecine moderne l'état de cataplexie. Et cela veut dire que votre femme est enterrée vivante actuellement... Assassin ! C'est pourquoi lorsque je vois le Crapouillot vous charger d'un topo canular et d'une enquête psychanalytique sur le crime, je ris de la bêtise des gens... Vous êtes venu m'emmerder ici bougre d'ignoble tartuffe répugnant en me faisant faire par le docteur Vercier, votre séide, une cure du démorphène de ce vieil imbécile de docteur Dupouy alors que j'aurais eu besoin d'une cure pour me désintoxiquer de tous les cynanures, de tous les poisons indiens dont j'avais été inondé à l'asile à Rouen. Quant à l'opium, il me plaît à moi d'en prendre parce que l'opium est utile à ma nature d'abord et ensuite parce que ça me plaît et nul médecin n'a rien à y voir... »

Il y en a de pleines charretées de cette encre : « Quand MM. G. Gallimard et Denoël me payent le montant des droits d'auteur qui me reviennent, et j'aurai de quoi gagner largement, je ferai abandon au gardien de la paix du surplus de ces sommes. Il faudra en tout cas y regarder de fort près dans les livres de comptabilité de M. Robert Denoël qui s'y connaît pour détourner à son profit les sommes dues à ses auteurs... [...] Toutes ces personnes savent fort bien que je ne suis ni aliéné ni déséquilibré...  (lettre retenue par le docteur Fouks et donc non parvenue à son destinataire).

Sous le n° 45 figure un exemplaire du Théâtre de la cruauté, où figure le projet de constituer la Société Anonyme du Théâtre de la Cruauté, dû à Bernard Steele, agrémenté du feuillet rédigé par Steele au format de la brochure : « Rarissime», dit l'expert, qui n'en communique pas la l'estimation.

Une vente bien pleine, comme on dit à Drouot... où on n'en pas fini pour autant avec les autographes :

* Le 1er septembre, une lettre d'Alphonse Boudard qui signe de son patronyme (Boudon) à Paul Chambrillon [31 octobre 1955] à propos d'un dictionnaire d'argot resté à l'état de projet : « Paraz m'a beaucoup aidé. »

* Un manuscrit autographe de Robert Brasillach contenant des notes sur la phonétique, le vocabulaire et la formation des mots.

* une lettre de Robert Brasillach qui remercie pour un article dans Je suis partout sur son livre, à un dramaturge qui se plaint des articles d'Alain Laubreaux sur ses pièces dans le même journal : « ils étaient sévères mais ne m'ont pas paru injurieux. Comment voulez-vous que je vous écrire que vous n'avez aucune part dans la direction du Théâtre Saint-Georges ? Je n'en sais absolument rien. ».

* une lettre de Louis-Ferdinand Céline à Albert Paraz 19 juillet 1957, à son cher J.J. : « Tu sais bien que la Connerie est reine du monde ? que lui répondre ?... s'incliner !... Mon oncle Georges était en effet secrétaire de la Faculté, et me haïssait. Il parle de sa formation médicale : « Je n'ai fait que 2 ans à Paris mes cliniques mais 4 ans à Rennes chez mon beau-père le Pr Follet dont j'étais l'interne et lui Directeur de l'Ecole ! d'ailleurs fort riche le bougre 500.000 francs or de rentes et autant en clientèle ! ma folie d'indépendance m'a fait secouer ce havre où je n'avais qu'à laisser venir... moi né si miteux ! là je suis impardonnable... Les cons ne savent rien ! »...

* une lettre de Jean Cocteau à Jean Galtier-Boissière, 20 avril 1931 : « Je n'ai jamais été rue Blomet, je n'ai jamais vu de bal nègre, ne sortant jamais le soir. On y rencontre M. Aragon, etc... mais pas MOI. »

* une lettre de Jean Marais à Jean Cocteau [22 décembre 1945], alors qu'il est auprès du général Leclerc, comme conducteur de camions pour le ravitaillement des troupes au front.

* une lettre de Henry Miller à Julien Cain, directeur de la Bibliothèque Nationale [12 août 1948], où il sollicite un article sur son livre réalisé en collaboration avec le peintre israélien Bezalel Schatz, Into the Night Life, dont un exemplaire est à sa disposition chez Mme Voilier, directrice des Editions Denoël. Il lui demande aussi s'il a lu Bourlinguer de Cendrars; « où il y a un chapitre sur ce fameux libraire Chadenat de Paris ».

* une lettre de Georges Simenon à Danielle Henrotte, qu'il remercie de sa lettre qui l'a ému : « Dites à votre grand-père dont j'ai été l'ami, que cette amitié s'est maintenue. Je voudrais vous répondre plus longuement, mais je suis immergé dans un long bouquin qui me prendra des mois à écrire. Quant à vous, écrivez, écrivez, long ou court, et lorsque vous serez contente de vous, soumettez le texte à un éditeur. Un romancier est le plus mauvais juge des autres ! » (je pense qu'il s'agit de Pedigree..., même si la petite pièce de dédicace qui accompagne la lettre est de 1954.

* une lettre de Maurice de Vlaminck à Henry Poulaille, 9 novembre 1924, à propos de son roman Radios clandestins à paraître chez Denoël et Steele en 1935 (l'expert se trompe-t-il de date ?). C'est Maurice Hugot qui a tapé le livre dont il vient de lui remettre le manuscrit : « Je vous demande donc de le lire le plus rapidement possible. Ceci je vous le demande à notre amitié. Si vous trouvez, après lecture, que ces élucubrations peuvent intéresser la maison Grasset [où Poulaille est directeur du service de presse], faites que les lecteurs me donnent réponse dans le plus bref délai possible. Je viens de recevoir d'une grande revue une offre pour donner un papier important sur la situation actuelle. Plus : Denoël et Steele, éditeurs de Céline, qui est un ami, me demandent un manuscrit. J'ai l'habitude de régler mes affaires rapidement... »

Voilà, me semble-t-il, une moisson qui n'est pas anodine : les belles ventes à l'Hôtel Drouot ont souvent lieu en juin... Je suis évidemment de parti pris et ne me soucie de ces ventes que lorsqu'elles évoquent mon héros malheureux et ses entours... Les lettres de Valéry à Jean Voilier [n°  495] sont connues mais l'image des autographes est bien tentante :

 

Déjà que ses livres ne figurent plus dans les collections publiques... et pas depuis hier... Mais voyons encore Céline, dont le manuscrit complet de Nord sera mis aux enchères le même jour. Il comporte un envoi autographe signé : « Hommage à Renée Cosima Bollore [sic] maman d’Anne. Meudon 6 juin 60 LF Céline », sur la dernière page.

Le document est estimé 300 000 à 500 000 euros. Le 12 février 2002, il en avait réalisé 360 000, toujours chez Sotheby's. Ici, il n'a pas trouvé preneur.

           
 



Les objets de collection passent et repassent encore... Est-ce le cas pour ce fragment du manuscrit de D'Un Chateau l'autre [lot n° 394] ? 52 pages foliotées 52-129, qui correspondent aux pages 59-71 de l'édition originale...  J'en jurerais, puisque c'était déjà Aristophil qui était alors à la manoeuvre... Le document n'a pas été vendu, faute d'acquéreur.

Le 25 : On met en vente à Marseille un lot de 5 photos de Céline par François Gragnon représentant l'écrivain chez lui à Meudon vers 1960. Elles ne sont sans doute pas inédites puisque toutes portent au verso « offerts gracieusement par Paris Match et Marie-Claire » mais enfin toutes portent le tampon du photographe. Estimation : 500 à 600 euros.

 

 

Sous le n° 90 on met en vente un fragment du manuscrit autographe de D'un château l'autre [16 pages in-4 à l'encre bleue sur papier jaune paille. « Texte de premler jet de deux chapitres complets dont certains n'ont pas été retenus », dit l'expert, qui en escompte 3 000 à 5 000 euros. Provenance : Librairie de la Madeleine à Paris « à un collectionneur du sud de la France en 1957 ». Apparemment le document n'a pas trouvé acquéreur.

Le lot n° 42 est une lettre de 2 pages in-folio de Céline à Charles Deshayes, datée de Copenhague 20 juillet 1947 : « Il s'agit d'une raison d'état ou de raisons d'alliances bien sordides avec tel ou tel bloc. Mais qu'ai-je moi, pauvre individu, à me mêler de ces hautes tractations entre Princes ! ». Estimée 1 000 à 1 500 euros, elle en a atteint 1 600.

Le lot n° 43 est un ensemble de deux lettres de Céline à Théophile Briant [1949 et 1950], estimé 1 000 à 1 500 euros : « Tu as beau dire et te débattre. Ostophages et Christicoles sont kabbalistes. C'est l'évidence. On verra la suite. ». Prix atteint : 1 200 euros.

Sous le n° 44 : trois lettres de Céline à Lucien Descaves et sa femme, bien pimentées : « Qu'ils se gorgent d'Aragon, de Cassous et de Triolet et de traductions de Miller sous-Céline ! puisque c'est leur goût ! La France ne mérite pas ses écrivains. » L'estimation : 2000/2500 euros. Prix atteint : 2 100 euros.

Le n° 223 est un exemplaire de tête sur Arches de Voyage au bout de la nuit, non justifié, donc hors commerce, enrichi d'un envoi signé Destouches à Mme Lucien Descaves, « avec toute mon amitié respectueuse, profonde, reconnaissante ». L'exemplaire, très pur, était protégé par une chemise demi-maroquin bleu d'Alain Devauchelle. Estimé 30 000 à 40 000 euros, il en a réalisé 56 869, frais inclus.

Le lot n° 391 est une lettre inédite de Céline à Lucien Descaves, 20 décembre 1932, 3 pages in-8. Inédite mais pas inconnue ; elle ne figure toutefois pas dans la correspondance. Estimée 1 000 à 2 000 euros, elle a atteint 2 200 euros.

Le lot n° 392 est constitué de 49 lettres inédites de Céline à Cillie Pam, la plupart inédites. Estimé 20 à 30 000 euros, il a atteint 17 000 euros.

Le lot n° 393 est un manuscrit autographe de 18 pages in-4 de D'un château l'autre. Estimé 1 800 à 2 500 euros, il en a atteint 1 600.

Le lot n° 394, un manuscrit autographe de 52 pages in-4 de D'un château l'autre, estimé 5 à 8 000 euros, n'a pas été vendu.

Le lot n° 396 est le manuscrit autographe d'un chapitre complet de Nord, 5 feuillets in-4. Estimé  1 800 à 3 000, il en a réalisé 1 600.

Le 29 : article passionnant d’Adrienne Rey sur le site internet Slate (https://www.slate.fr/) consacré au masque de « L’Inconnue de la Seine » dont se servit Louis-Ferdinand Céline en 1933 pour illustrer le frontispice de sa pièce L’Eglise.
Mme Rey retrace l’histoire de cette jeune femme noyée en 1880 dans la Seine dont des générations de parisiens découvrirent le masque exposé près de Notre-Dame depuis la fin du XIXe siècle.


Le 1er juillet : mise en vente chez Cornette de Sait Cyr, sous le n° 80, d'un portrait de Jeanne Loviton par Charles Camoin [1879-1965]. Cette huile sur toile (55 x 46), offerte en 1930 par l'artiste à Jeanne Loviton, se retrouve sur le marché « par descendance », ce qui signifie que c'est Mireille Fellous-Loviton, la fille adoptive de Mme Loviton qui la met en vente.

Estimation : 1200 - 1800 euros, ce qui est plus raisonnable que celle de la vente du 16 décembre 2015, où l'oeuvre figurait déjà avec une estimation de 15 000 à 20 000 euros...

        58. Paul VALERY (1871-1945)
VOILIER
Fusain sur papier
93 x 43 cm (à vue) - 36.6 x [...]


Dans la même vente, sous le n° 58, un voilier dessiné au fusain sur papier par Paul Valéry (93 x 43). Anciennement collection Jeanne Loviton. Estimation : 800 - 1200  euros.

Le 6 juillet : vente aux enchères à Paris par Me Cornette de Saint Cyr, où figurent sous les n° 45 à 48, quatre dessins à l'encre de Chine d'Orféo Tamburi [1910-1994] représentant la petite maison et les jardins de Jeanne Loviton au château de Béduer, dans le Lot.. Je connais fort bien ce domaine, où je suis allé mainte fois, mais pas comme il se trouvait en 1949. L'un de ces dessins (celui qui est reproduit ci-dessous) avait déjà figuré dans une vente aux enchères parisienne, le 25 mars 2016.

 

ORFEO TAMBURI (1910-1994)
VUE DE LA MAISON DU JARDIN DE JEANNE (LOVITON)
Encre de [...]

 

Le 4 août : Décès de Mireille Fellous-Loviton, fille adoptive de Jeanne Loviton. Elle était née le le 29 juin 1923 à l'Hôpital Rothschild, dans le XIIe arrondissement, dans une famile de forains.

Le 16 septembre : au cours de l’émission « Affaire conclue » dirigée par Sophie Davant sur Antenne 2, un tableau de Gen Paul (« Nature morte aux poissons ») datant du début des années vingt, estimé 6 000 euros, en a réalisé 10 000. L’oeuvre, qui était depuis longtemps dans la famille de sa propriétaire, n’avait jamais subi le feu des enchères.

Le 9 octobre : vente à l'Hôtel Drouot d'une photo d'Antonin Artaud et Cécile Brusson dans une scène du Moine. Annotée au crayon au verso par Artaud, elle avait déjà figuré dans une vente du 17 novembre 2008, où elle avait réalisé 16 000 euros. Ici, l'estimation est de 4000/5000 euros. Montant de l'adjudication : 5 000 euros.

   

Le 14 novembre : vente aux enchères à l'Hôtel Drouot par l'étude Oger-Blanchet. On y trouve une lettre de Max Jacob adressée à Robert Beckers où il est question de Robert Denoël. On y a joint une photo de Max Jacob dédidacée à Robert Denoël en 1929.La lettre date probablement de cette époque, alors que Denoël venait de se hasarder dans l'édition parisienne. Le lot est esiimé 300 euros.