Robert DenoŽl, éditeur

2017

 

Janvier

 

Le 28 : Vente aux enchères à l'Hôtel des ventes de Compiègne d'un fonds Antonin Artaud provenant de sa famille, en l'occurence son neveu et ayant droit, Serge Malausséna. Peu d'ouvrages mais une foule de documents personnels dont des dizaines de lettres insensées écrites pendant les séjours de l'écrivain dans différents asiles d'aliénés qui, pour la plupart, furent confisquées par ses médecins et ne parvinrent donc pas à leurs destinataires.

 

    

 

Plusieurs d'entre elles mentionnent Denoël, coupable de ne pas lui verser de droits d'auteur : « Il faudra en tous cas y regarder de fort près dans les livres de comptabilité de M. Robert Denoël qui s’y connaît pour détourner à son profit les sommes dues à ses auteurs... » [au préfet de police, M. Langeron, Sainte-Anne 27 août 1938]. Une autre, datée du 1er novembre 1938, est adressée au procureur de la République et vise toujours Denoël, « Très expert dans l’art de truquer sa comptabilité il a gardé en réserve chez lui des exemplaires de la première édition d’Héliogabale pour faire croire qu’elle n’a pas été épuisée…» Son ressentiment ne l'empêche d'écrire au musicologue Serge Moreux, « aux bons soins de Mr Robert Denoël » [Rodez, 8 juillet 1943].

   

Plusieurs documents rares figurent dans cette vente, comme une photo de l'étonnante tombe provisoire d'Artaud à Ivry, ou une réunion de brochures concernant la pièce de Roger Vitrac, Victor ou les enfants au pouvoir, que Denoël édita en avril 1929.